MORT DU JEUNE AGRICULTEUR DANS LE HAHO : LE JEUNE HOMME AURAIT SUBI DES COUPS DE FOUETS DES GENDARMES.

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MORT DU JEUNE AGRICULTEUR DANS LE HAHO : LE JEUNE HOMME AURAIT SUBI DES COUPS DE FOUETS DES GENDARMES.

Au Togo, un drame secoue depuis quelques jours, la préfecture de Haho. Un jeune homme de 27 ans originaire du village de Laokopé et agriculteur,(père de 2 enfants) est décédé en garde à vue à la brigade de gendarmerie d’Agbati, à une dizaine de kilomètres au nord de Notsè.


Ce mardi, sa famille, ses proches et le chef du village ont témoigné en direct sur la radio locale Kanal FM. L’ histoire remonte à cinq ans.


D’après le récit des faits, un expatrié avait financé un champ de soja dans le village ; le jeune homme en gérait l’exploitation. Il avait collecté 700 000 FCFA pour la caisse de la société. La veille du versement, son dortoir fut cambriolé et l’argent volé. L’affaire semblait close après le départ de l’expatrié. Mais récemment, un certain Jacques, chargé de superviser les activités après le départ du « Blanc » a décidé de rouvrir le dossier.


Selon les proches, il aurait envoyé des gendarmes arrêter le jeune agriculteur. Le jour de l’arrestation, le piège fut tendu avec soin. Des hommes en civil, arrivés à moto au village, ont approché ce dernier sous le prétexte d’un projet agricole lié à la culture du soja.


« Ils lui ont demandé de les accompagner pour leur expliquer comment cultiver le soja. Ses amis ont proposé de venir avec lui, mais les hommes les ont rassurés : il s’agissait seulement d’un projet agricole et le jeune agriculteur devait juste venir montrer la technique », a expliqué M. Lao Gérard, un cadre local.


N’ayant rien à se reprocher, le jeune agriculteur les suit. Il ne reviendra jamais libre.

Inquiets de son absence prolongée, ses amis partent à sa recherche sans succès. C’est finalement lui-même qui parvient à prévenir un proche : il a été arrêté et conduit à la brigade d’Agbati. À leur arrivée sur place, la famille le découvre menotté, un pied attaché.


« Sur place, nous avons vu le chef de brigade (CB) frapper notre frère. Nous avons proposé 50 000 FCFA et des papiers d’un terrain pour qu’il soit libéré le temps de réunir le reste. Les gendarmes nous ont jeté l’argent et les documents au visage. Devant nous, après que le CB l’ait passé à tabac, son adjoint a pris des fils électriques pour le fouetter », raconte un oncle.


Épuisé, le jeune agriculteur demande de l’eau et donne 5 000 FCFA à son oncle pour en acheter. La famille paie de sa poche faute de monnaie. À leur retour, le chef de brigade adjoint saisit ces 5 000 FCFA, ainsi qu’un billet de 1 000 FCFA que la mère avait donné pour acheter à manger à son fils.


Les derniers mots du jeune agriculteur à sa famille résonnent comme un pressentiment tragique.


« Ne me laissez pas seul ici… Ces gendarmes risquent de me tuer. »


Quelques heures plus tard, vers 3 heures du matin, Jacques appelle l’oncle pour lui annoncer la mort du jeune agriculteur. Le corps avait déjà été transporté à la morgue de Notsè, sans que la famille en soit informée au préalable.


Interrogé, le commandant de brigade a tout nié en bloc, affirmant n’avoir jamais touché le détenu. Pour les proches, les faits sont accablants.


Une plainte a été déposée auprès du préfet, du maire et du procureur. Une autopsie a été ordonnée pour établir si des violences physiques ont causé ou contribué au décès. Les résultats sont attendus avec impatience.


« Nous exigeons que justice soit rendue et que les responsables soient sévèrement sanctionnés. Il existe des lois dans ce pays », ont déclaré les membres de la famille.


Au-delà des enquêtes et des procédures, deux jeunes enfants attendent désormais un père qui ne rentrera plus jamais.


Ce drâme pose encore une fois, l'éternelle question: la justice togolaise est-elle vraiment juste ?


Nouvel Angle / Aimé SOUGLIMAN

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